De Sakichi Toyoda aux véhicules hybrides : neuf décennies d'industrie japonaise
Fondé en 1937 par Kiichiro Toyoda, Toyota s'est imposé comme le constructeur automobile le plus vendu au monde. Son histoire mêle héritage industriel familial, rigueur méthodologique et innovations techniques majeures, dont l'hybridation popularisée par la Prius. Retour sur les grandes étapes d'une marque devenue référence sur tous les continents, du Japon à l'Europe en passant par l'Amérique du Nord.
L'aventure débute en 1926 lorsque Sakichi Toyoda crée Toyoda Automatic Loom Works, spécialisé dans les métiers à tisser à arrêt automatique. Son fils Kiichiro, ingénieur passionné de mécanique, convainc son père de réinvestir une partie des bénéfices issus de la cession d'un brevet textile dans un département automobile. La firme japonaise voit ainsi le jour dans la préfecture d'Aichi, sur les bases d'un savoir-faire industriel rigoureux et d'une culture de l'amélioration continue qui deviendra mondialement connue sous le nom de Toyota Production System. Le rôle de l'ingénieur Taiichi Ono, théoricien du juste-à-temps et du kanban, sera déterminant pour faire de cette philosophie un standard étudié dans toutes les écoles de gestion. Cette méthode, popularisée sous l'acronyme TPS, inspire encore aujourd'hui le lean management dans bien d'autres secteurs.
En 1937, la division automobile devient une société autonome, baptisée Toyota Motor Corporation. Le nom est légèrement modifié pour des raisons phonétiques et graphiques : écrit en huit traits en katakana, le chiffre est considéré comme porte-bonheur dans la culture japonaise. Le premier modèle, la Toyota AA, est une berline directement inspirée des Chrysler Airflow et Chevrolet de l'époque. La Seconde Guerre mondiale interrompt l'élan civil ; le constructeur survit ensuite grâce aux pickups et aux utilitaires, posant les bases de modèles qui deviendront mythiques. Au sortir des années 1950, l'industrie nippone se reconstruit et exporte ses premières petites berlines aux États-Unis, où l'image de fiabilité va peu à peu s'installer face aux Big Three américains, alors tout-puissants.
Les années 1960 marquent un tournant décisif. La Corolla, lancée en 1966, deviendra la voiture la plus vendue de l'histoire de l'automobile, dépassant les 50 millions d'exemplaires écoulés à travers douze générations successives. Aux côtés de la berline familiale, le Land Cruiser, lancé dès 1951, conquiert les pistes du monde entier grâce à sa robustesse légendaire, devenant l'un des 4x4 les plus utilisés par les humanitaires et les armées. Le pickup Hilux, introduit en 1968, devient pour sa part la référence mondiale du segment, des chantiers australiens aux régions désertiques. La Camry, la Yaris et le RAV4 (premier crossover compact apparu en 1994) complètent une gamme cohérente, déployée sur tous les continents. Cette expansion s'appuie sur un réseau d'usines étendu, du Texas au Royaume-Uni en passant par la France, où l'usine de Valenciennes produit la Yaris depuis 2001.
En 1997, le manufacturier japonais commercialise la Prius, première voiture hybride essence-électrique produite en grande série. Ce pari technologique, longtemps moqué par la concurrence, se transforme en avantage stratégique : la firme équipe progressivement la quasi-totalité de sa gamme d'une motorisation hybride autorechargeable, sans nécessité de prise de recharge. Elle explore parallèlement la pile à combustible avec la Mirai, berline propulsée à l'hydrogène, et industrialise des solutions hybrides rechargeables et 100 % électriques avec la bZ4X et la C-HR PHEV. Plus de 25 millions de véhicules électrifiés ont été vendus depuis le lancement de la Prius, faisant du groupe l'un des principaux contributeurs à la baisse des émissions du parc automobile mondial.
Pour aborder le segment premium sans alourdir l'image généraliste de la marque mère, le groupe lance Lexus en 1989 avec la berline LS 400. L'enseigne s'impose rapidement aux États-Unis face aux Mercedes et BMW, puis s'étend à l'Europe au début des années 1990. Lexus se distingue par la qualité d'assemblage, le silence de fonctionnement et une mécanique hybride éprouvée, héritée directement du savoir-faire industriel d'Aichi. Les modèles RX, NX et UX figurent aujourd'hui parmi les SUV hybrides les plus demandés du marché premium en Europe occidentale.
La marque s'illustre depuis longtemps en compétition. Présente au championnat du monde des rallyes (WRC) avec une domination marquée entre 2018 et 2022, elle remporte également plusieurs éditions des 24 Heures du Mans en catégorie Hypercar avec la GR010. La GR Yaris et la Supra GR rappellent ce patrimoine sportif, en proposant des modèles de série dérivés de l'expérience en circuit. La Supra, en particulier, est issue d'une coopération avec BMW, dont elle partage le moteur six cylindres en ligne. Pour comparer ces ambitions à celles d'autres groupes japonais, voir l'histoire de Honda et l'histoire de Nissan.
Numéro un mondial du secteur en volume avec plus de 10 millions de véhicules écoulés chaque année, le manufacturier d'Aichi prépare l'après-thermique sans précipitation. Sa stratégie « multi-pathway » défend un mix entre hybride, hydrogène et électrique pur, plutôt qu'un basculement unique vers la batterie. Cette approche, parfois critiquée par les militants climat, mise sur la complémentarité des énergies selon les usages et les marchés. Le site officiel toyota.fr détaille la gamme française, complétée d'analyses régulières disponibles dans la documentation Wikipédia consacrée à la marque. Pour les acheteurs en quête d'une occasion fiable, la cote des modèles populaires reste consultable sur Auto-Selection.